Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

2013 - Texte de l'exposition "Carnets de voyages"

Rédigé par l'Espace Orlando Publié dans #Rétrospective 2013

Carnets de voyages

Peter Orlando (1921-2009), peintre

Les lieux qui ont inspiré le plus Peter Orlando sont souvent en France : la Normandie où il a une maison, la Bretagne dont il aime les ports et les bateaux, la Dordogne où son épouse Denise a des attaches familiales, le pays Basque que le couple fréquente plus tard. Et puis il y a le Portugal, où ils sont allés trois fois à la recherche de lumière et de soleil. Le Quercy où ils ont passé plus de vingt étés n'a pas été source d'inspiration, car Peter et Denise consacraient une très grande partie de leur temps à rénover la très vieille maison acquise dans les années 1980.

 

Le carnet/le croquis.

 Peter Orlando n'a pas possédé de chevalet de campagne ; jamais n'a-t-il peint un paysage sur le motif. Il part d'un croquis réalisé lors d'un séjour hors de Paris, où il réside la majorité de l'année. Sur les genoux ou à bout de bras, son carnet, compagnon de voyage, reçoit le sujet apprécié par l'artiste qui dessine au crayon les lignes majeures, les contours et quelques détails essentiels. D'une écriture fine, Orlando note les couleurs, bien souvent sans les nuancer ; parfois il crée des couleurs inédites, comme "beige gris ocre" ou un complexe "gris noir vert brûlé". Quelques vocables français lui font défaut et l'on retrouve des mentions mixtes anglais-français : "marble ocre", "bleu stops here", "body rose clair" ou un "très clair dégraded".

La peinture.

C'est dans son atelier que la peinture est réalisée. Les sujets souvent respectent le croquis ; mais les couleurs sont interprétées selon les notes, le souvenir et la palette du moment, car l'exécution ne suit pas forcément le voyage. Bien souvent chez Orlando nait l'envie de produire une vue en feuilletant ses carnets, même anciens.

Une fois le paysage peint, dans le bas du croquis, Peter inscrit "fait", sans date, sans commentaire. Ce sera un aide-mémoire, car il ne peint pas deux fois le même sujet. Et pourtant nous avons connaissance de toiles au nom identique : il s'agit de sujets différents de la même localité. Peter les baptise à l'occasion d'une exposition, d'un salon, mais pas systématiquement pour des ventes directes en atelier : d'où quelques toiles sans titre. La plupart sont sans date, précision qu'Orlando a très tôt cessé d'indiquer, à la fin des années 60. Ses sujets lui paraissaient d'autant plus intemporels qu'il les peignait quand lui en venait l'envie.

La facture de Peter Orlando est celle d'un courant d'après-guerre que l'on appelle "La réalité poétique". Un monde étrange et idéal, où la réalité est présente, mais juste effleurée, où la poésie est celle qui nous renvoie des images à mi-chemin entre notre monde et un autre, presque naïf et onirique. Roger Limouse (1894-1990) et Maurice Brianchon (1899-1979), deux maîtres d'atelier à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, ont apprécié et encouragé Orlando à développer son style.

      Voir photos de l'expo